Résumé

Ce qui est à l’œuvre dans l’entreprise c’est la tension permanente qui existe entre la logique quantitative de la mesure et celle qualitative des métiers. La connaissance réactive partiellement la logique qualitative des métiers et affaiblit, sans la remettre totalement en cause car il y a besoin d’objectivité dans l’évaluation et le pilotage, la logique quantitative de la mesure.

 

 

Cette tension est la source du caractère « schizophrénique » de l’organisation tel que précédemment décrit.

 

Notre hypothèse de départ se trouve ainsi validée : l’émergence d’une économie de la connaissance réactive une tension entre métiers et mesure qui se traduit par une double appréciation de la performance (a).

 

Cette hypothèse permet d’expliquer simplement des éléments sur lesquels buttent certains. Elle se trouve ainsi au centre d’une grande partie de la littérature de nature ergologique – la science générale du travail et de ses conditions – depuis l’après seconde guerre mondiale. 3 exemples :
1. Quand Clôt désespère de la permanence de la logique Taylorienne malgré des innovations managériales post-tayloriennes, il met le doigt sur cette tension.
2. Quand l’ergologue Schwartz s’interroge sur les pratiques paternalistes à Mulhouse au XIX° siècle et constate que les modèles marxistes ou d’influence marxistes n’arrivent pas à expliquer correctement le phénomène décrit, il met lui aussi le doigt sur cette tension (b).
3. Quant l’Agence nationale de l’amélioration des conditions de travail (ANACT) développe des programmes d’études et d’intervention sur la charge de travail, c’est encore sur cette tension que ses membres travaillent.

(a) Cette double appréciation étant le reflet de la dichotomie morale entre « biens internes » et « biens externes », tels que définis par MacIntyre. Les personnes privilégiant les « biens internes » seront portées sur la logique qualitative, le métier. Celles privilégiant les « biens externes » seront portées sur la logique quantitative, la mesure.
MACINTYRE, A. (1984), opus cité.
(b) SCHWARTZ, Y. (2000), « Pratiques paternalistes et travail industriel à Mulhouse au XIXe siècle », Le paradigme ergologique ou un métier de Philosophe, Octares, Toulouse (initialement publié en 1979 dans le numéro d’octobre – décembre de la revue Technologies, idéologies, pratiques des éditions ERES).

Je suis à la croisée du management, de la technologie et de la culture pour optimiser le travail de nature intellectuelle et rendre les organisations plus compétitives. Je me passionne pour la gestion de la connaissance, les communautés de pratique, les outils sociaux pour entreprise ("Entreprise 2.0") ainsi que la gouvernance d'entreprise dans une économie de la connaissance. La conception fonctionnelle d'outils logiciels favorisant la création, le partage de connaissances et la collaboration est un hobby. Je suis actuellement Directeur du Développement Collaboratif de la Division Opérations de L'Oréal, basé à Paris. J'étais auparavant à Singapour et Hyderabad Directeur Asie de Revevol, une société de services autour des produits Google pour entreprise, "Associate Director" de la division numérique du National Library Board , l'entité en charge des bibliothèques publiques et nationale de Singapour. J'ai aussi été consultant chez Headshift, une société de conseil et de services pour entreprises autour des technologies sociales du web (Entreprise 2.0), aujourd'hui membre de Dachis Group. Auparavant, mes activités ont porté sur la gestion de communautés et de réseaux professionnels internationaux, la conception et la mise en place d'outils de CRM, de reporting et de collaboration. J'ai aussi donné des cours dans les Mastères Spécialisés Knowledge Management et Consulting de l'EM Lyon et suis intervenu a différentes occasions aux conférences KM Singapour et KM Asie. J'ai participé comme modérateur de chapitre à l'initiative we are smarter than me. J'ai été membre du comité exécutif de l'IKMS pendant deux ans. J'ai réalisé un Doctorat en Management, alors que je travaillais à plein temps, avec le précieux et amical soutien de Claude Roche (France Telecom, auparavant à l'ENST), Jean-Claude Moisdon (CGS Mines) et Philippe Lorino (ESSEC). Lorsque je ne travaille pas, on peut me trouver voyageant avec mon sac à dos, principalement en Amérique du Sud et en Asie. Le passage de la sueur au jus de cerveau comme principal facteur de production et de performance crée des modifications fondamentales dans la manière d'enseigner et de pratiquer le management. Des sujets comme le knowledge management (KM), les communautés de pratique (CoP), les outils sociaux pour l'entreprise (Entreprise 2.0) sont ceux qui participent à la conception des nouvelles manières requises pour manager. Mais elles ne sont qu'une partie de la solution en devenir. Des sujets comme la mesure et les ratio, les comportements et l'autorité, la représentation et l'organisation du collectif, doivent être questionnées et rajeunies. Ce blog (peu actif dernièrement pour diverses raisons) essaye d'aborder l'ensemble de ces éléments que l'on peut synthétiser par "le management dans une économie de la connaissance". Il met en avant mes idées personnelles et non pas celles de mes employeurs, passés et présent.

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