Centralité de la fonction managériale et renversements en cours – modèle

Pour cela, il va cependant être nécessaire de proposer un cadre conceptuel qui distingue 5 parties prenantes. La notion de partie prenante a été utilisée et popularisée en management par les chercheurs portant leur attention sur l’éthique des affaires. Une partie prenante a été définie par Freeman comme « tout groupe de personne ou tout individu qui peut affecter ou être affecté par la réalisation des objectifs de l’organisation » (a). Les cinq  parties prenantes sont :
• L’actionnaire est celle qui détient le capital nécessaire à la finalité productive de l’organisation.
• L’équipe dirigeante est celle qui détient la direction, c’est-à-dire la décision et la coordination, nécessaire à la finalité productive de l’organisation.
• Le consommateur est la partie-prenante qui achète le produit ou la prestation de l’entreprise.
• Le concepteur est celle qui détient les connaissances nécessaires à la finalité productive de l’organisation. Le concepteur correspond dans la plupart des cas et dans une proportion significative aux employés de l’organisation. Il peut néanmoins se composer en complément de fournisseurs ou partenaires sous-traitants, ou encore de consultants.
• L’environnement social et naturel est celle qui impacte et est impacté par la finalité productive de l’organisation. Il regroupe ainsi un ensemble vaste et hétéroclite de parties prenantes telles que l’Etat et les collectivités territoriales ainsi que de nombreuses associations de protection de l’environnement (faune et flore), de respect des droits du travail (travail des enfants, travail des femmes la nuit, …) ou consuméristes (b).
Si la notion de partie prenante est présente dans le champ gestionnaire, nous préférons quant à nous aller à la source : Aristote. L’analyse d’Aristote possède un présupposé fort, qui se trouve le fondement de la justice. Aristote privilégie en effet une solution équilibrée entre les différentes parties-prenantes. Il s’ensuit que le meilleur régime est celui qui garantit l’équilibre du système dans son ensemble par le respect et la séparation des intérêts des différentes parties-prenantes. C’est une approche que l’on trouve régulièrement reprise et défendue jusqu’à aujourd’hui. On pensera ainsi à Montesquieu, mais il n’est pas le seul. Et cette conception n’est pas restreinte à la simple analyse des régimes qui confond Etat et entité politique « L’efficacité de toute entreprise suppose la satisfaction équilibrée des contraintes exprimées par ses parties prenantes : clients, actionnaires, salariés. C’est la recherche permanente de cet équilibre qui assure la mise sous tension et la mobilisation de l’entreprise nécessaires à son efficacité et à son développement »(c). Dans un tel cadre, tout régime favorisant l’assimilation des parties prenantes est source de favoritisme car elle implique une confusion d’intérêts.

 

 

(a) FREEMAN, R.E. (1984), Strategic Management: a stakeholder approach, Pitman Publishing, Marshfield, MA.

(b) La différence entre le consumérisme (environnement social et naturel) et le consommateur est le niveau d’attention. Le consumérisme développe une réflexion de portée collective alors que le consommateur développe une réflexion de nature privée voire égoïste.
(c) BARBIER DE LA SERRE, R. J-H. DAVID, A. JOLY, P. ROUVILLOIS (2003), L’Etat actionnaire et le gouvernement des entreprises publiques, Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie, La Documentation Française, Paris, page 2.

Je suis à la croisée du management, de la technologie et de la culture pour optimiser le travail de nature intellectuelle et rendre les organisations plus compétitives. Je me passionne pour la gestion de la connaissance, les communautés de pratique, les outils sociaux pour entreprise ("Entreprise 2.0") ainsi que la gouvernance d'entreprise dans une économie de la connaissance. La conception fonctionnelle d'outils logiciels favorisant la création, le partage de connaissances et la collaboration est un hobby. Je suis actuellement Directeur du Développement Collaboratif de la Division Opérations de L'Oréal, basé à Paris. J'étais auparavant à Singapour et Hyderabad Directeur Asie de Revevol, une société de services autour des produits Google pour entreprise, "Associate Director" de la division numérique du National Library Board , l'entité en charge des bibliothèques publiques et nationale de Singapour. J'ai aussi été consultant chez Headshift, une société de conseil et de services pour entreprises autour des technologies sociales du web (Entreprise 2.0), aujourd'hui membre de Dachis Group. Auparavant, mes activités ont porté sur la gestion de communautés et de réseaux professionnels internationaux, la conception et la mise en place d'outils de CRM, de reporting et de collaboration. J'ai aussi donné des cours dans les Mastères Spécialisés Knowledge Management et Consulting de l'EM Lyon et suis intervenu a différentes occasions aux conférences KM Singapour et KM Asie. J'ai participé comme modérateur de chapitre à l'initiative we are smarter than me. J'ai été membre du comité exécutif de l'IKMS pendant deux ans. J'ai réalisé un Doctorat en Management, alors que je travaillais à plein temps, avec le précieux et amical soutien de Claude Roche (France Telecom, auparavant à l'ENST), Jean-Claude Moisdon (CGS Mines) et Philippe Lorino (ESSEC). Lorsque je ne travaille pas, on peut me trouver voyageant avec mon sac à dos, principalement en Amérique du Sud et en Asie. Le passage de la sueur au jus de cerveau comme principal facteur de production et de performance crée des modifications fondamentales dans la manière d'enseigner et de pratiquer le management. Des sujets comme le knowledge management (KM), les communautés de pratique (CoP), les outils sociaux pour l'entreprise (Entreprise 2.0) sont ceux qui participent à la conception des nouvelles manières requises pour manager. Mais elles ne sont qu'une partie de la solution en devenir. Des sujets comme la mesure et les ratio, les comportements et l'autorité, la représentation et l'organisation du collectif, doivent être questionnées et rajeunies. Ce blog (peu actif dernièrement pour diverses raisons) essaye d'aborder l'ensemble de ces éléments que l'on peut synthétiser par "le management dans une économie de la connaissance". Il met en avant mes idées personnelles et non pas celles de mes employeurs, passés et présent.

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